L’égalité – tous les jours !
Cela ne fait que 40 ans et un mois que la Suisse, souvent présentée comme la plus vieille démocratie du monde, en est devenue réellement une. En effet, le 7 février 1971, 621'109 citoyens mâles disaient OUI au suffrage féminin, rembarrant la minorité qui voulait continuer d’interdire aux femmes de participer à la vie politique.
Cet évènement vaut bien que l’on s’arrête un court instant, en cette 100ème journée des femmes du 8 mars 2011, pour une déclaration des groupes, des groupes que les deux co-présidentes des femmes parlementaires voulaient inviter à faire un petit retour en arrière pour mieux regarder en avant. Car la mise en œuvre, en Suisse, d’une politique démocratique véritablement représentative reste un défi pour l’avenir.
Hélas, trois fois hélas, le bureau a refusé cette demande. Non, l’égalité et le destin des femmes n’est pas assez importante aux yeux de la majorité de ce parlement. Une petite déclaration du président va devoir suffire…
Mais faisons un arrêt sur image dans la salle du Conseil national : à ma gauche, je vois des sièges occupés par des femmes ; à ma droite, je dois chercher LA femme. A droite, où l’on ne veut pas parler d’égalité, où l’on ne veut pas mettre en œuvre des mesures spécifiques, parce que l’égalité serait déjà atteinte. Si c’était le cas, on le verrait, aussi à ma droite ! Une démocratie est seulement pleine et entière quand le peuple est vraiment représenté. Avec 29% de femmes au Conseil national, et qui viennent surtout des rangs de la gauche, on ne peut prétendre que cette assemblée représente réellement le peuple suisse.
Il y a 30 ans, le peuple suisse -cette fois-ci avec les femmes-, adoptait encore l’article constitutionnel sur l’égalité entre femmes et hommes. Depuis, de nombreuses pierres ont été posées en faveur de l’égalité. Je pense notamment à la loi sur l’égalité, qui donne aux femmes des instruments concrets pour défendre leurs droits dans le monde du travail, ou au « nouveau » droit du divorce –plus si nouveau que cela, puisque son entrée en vigueur a déjà 11 ans !-, qui a instauré le principe de l’égalité de traitement entre les sexes.
Mais beaucoup reste à faire , à l’heure où les inégalités salariales stagnent, tout comme la représentation des femmes dans les instances décisionnelles de l’économie et de la politique. C’est la raison des actions prévues le 14 juin où nous pourront à nouveau déposer nos revendications pour davantage d’égalité partout !
Parce que le fleuve ne coule pas naturellement dans le sens de l’égalité, nous devons agir pour construire une société qui offre à chacun, chacune , homme ou femme, non seulement la liberté formelle, mais aussi la possibilité réelle de choisir son chemin, de faire entendre sa voix, de faire vivre ses talents et d’en vivre décemment.
La journée d’aujourd’hui est donc importante, essentielle, et aurait valu davantage qu’une brève déclaration du président. Malheureusement, la majorité en a décidé autrement.







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