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Initiative pour un salaire minimum

Aujourd’hui en Suisse, un-e salarié-e sur neuf touche moins de 3‘800 francs par mois. Bien qu’étant employées à plein temps, ces personnes ne sont pas en mesure de faire face à l’augmentation constante du coût de la vie et sont donc considérées comme des « travailleurs pauvres » (« working poors »). Adam Smith, fondateur de la théorie économique libérale et du libre marché le soulignait déjà: un « homme doit toujours pouvoir vivre de son travail et pouvoir, grâce à son salaire, assurer tout au moins sa subsistance ».

Quiconque travaille a droit à un salaire décent

Si les travailleuses et les travailleurs ne peuvent décemment gagner leur vie grâce à leur salaire, ils sont voués à la précarité et au soutien de l’aide sociale malgré leur emploi. Il revient dès lors à la collectivité et donc aux contribuables de compenser le niveau indigne de leur rémunération. Reste que l’augmentation du nombre des « travailleurs pauvres » menace avant tout l’équilibre et la cohésion sociale. Compte tenu de la hausse considérable des bénéfices des entreprises et leurs actionnaires ces 20 dernières années, cette évolution est aussi incompréhensible que scandaleuse. Nous exigeons – en conséquence – l’introduction d’un salaire minimum de quelque 4'000 francs par mois. Tout sauf du luxe, mais une rémunération permettant de garantir un niveau correct d’existence.

NON au dumping salarial

Pour environ 60% des salarié-e-s suisse, il n’existe aucun plancher minimal de rémunération. Dans certaines branches, cela conduit à une sous-enchère perpétuelle: quelques employeurs mal intentionnés font ainsi pression à la baisse sur les salaires, histoire de s’assurer des avantages concurrentiels à court terme. Cette sous-enchère s’effectue au détriment des employé-e-s, de la qualité, des clients et – en définitive – à celui de la majorité des employeurs qui, pour leur part, versent des salaires décents.
Introduire un salaire minimum est le meilleur moyen de lutter contre le dumping salarial. La fixation d’un plancher minimal protège les places de travail dans les secteurs où les rémunérations sont traditionnellement peu élevées dans la mesure où cela garantit que de nouvelles forces de travail ne pourront pas être engagées à meilleur compte. Vela permettra même de créer de nouveaux emplois puisque les employé-e-s qui toucheront un salaire minimum ne seront plus contraints à sacrifier leur temps libre pour un second job, libérant ainsi la place pour des demandeuses et demandeurs d’emplois. En Grande-Bretagne, l’introduction, en 1999, d’un salaire minimum a débouché sur la création de 25% de places de travail supplémentaires dans certaines branches.

Un salaire minimum favorise la famille et l’égalité salariale

Un salaire minimum légal ne protège pas seulement les travailleuses et les travailleurs de la précarité, mais cette protection s’étend également leurs enfants. A l’heure actuelle, fonder une famille est de moins en moins une question de volonté plutôt que de moyens financiers: il y a ainsi, dans notre pays, des couples qui renoncent à leur désir d’enfant, tout simplement parce qu’ils ne peuvent se le permettre.
Un salaire minimum légal contribue par ailleurs de manière décisive à l’égalité salariale, les femmes étant surreprésentées dans les secteurs où les rémunérations sont traditionnellement peu élevées!

Articles du service de presse du PS Suisse

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Commentaires

Adam Smith socialiste?

Je suis très surpris de lire le nom d'Adam Smith pour justifier la mise en place d'un salaire minimum.
En effet, ce dernier avait bien écrit "Il faut de toute nécessité qu’un homme vive de son travail, et que son salaire suffise au moins à sa subsistance" et même "; il faut même quelque chose de plus dans la plupart des circonstances". Vous vous méprenez cependant fortement sur ce "faut". En effet, l'analyse descriptive d'Adam Smith n'impose rien, il ne fait que constater.
Et quand il constate qu'un homme doit pouvoir vivre de son travail, il déclare simplement qu'un ouvrier ne travaillerait tout simplement pas si son travail ne lui permettait pas de vivre. Il se lancerait dans le banditisme ou mourrait sur place car entre travailler et mourir de faim ou admirer le soleil et mourir, autant profiter de la lumière. Mais là encore, la main invisible peut avoir un effet positif, car si des ouvriers meurent et ne travaillent plus, ce n'est pas non plus dans l'intérêt de l'employeur qui ne dispose alors plus de travailleur pour fabriquer le produit de sa propre subsistance.
Cela d'autant plus que ses ouvriers ont une autre possibilité, travailleur pour un autre employeur qui pourrait lui offrir un salaire plus élevé.Il existait cependant à l'époque d'Adam Smith un système corporatiste important qui permettait aux employeurs de s'arranger pour ne pas augmenter les salaires (restreignant ainsi la concurrence), ce qui est à présent interdit.
Bref, ne faites pas dire à Adam Smith ce qu'il n'a pas dit et ne venez pas dire que le libéralisme économique serait favorable à un salaire minimum.

Cordialement,

Nicolas Marrel

PS: Serait-il possible de m'indiquer (à cette adresse nicolas.marrel@gmail.com) un moyen d'obtenir cette étude anglaise justifiant un salaire minimum? Merci

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