Aide humanitaire: les limites de la solidarité gouvernementale
«Alors que l’ensemble de la population prévoit de donner plus de 200 millions de francs en faveur des victimes du raz-de-marée en Asie du sud-est, le Conseil fédéral veut économiser 234 millions au détriment de l’aide suisse au développement». Hans-Jürg Fehr regrette profondément que la politique du gouvernement entre en contradiction avec l’immense élan de solidarité qui a suivi la catastrophe du 26 décembre dernier. Dix jours plus tard, le président du PS avait écrit au Conseil fédéral comme aux président-e-s des groupes parlementaires des Chambres fédérales pour leur suggérer d’annuler les coupes prévues dans ce domaine par le programme d’économies 2004. Le PS ne se satisfait pas de la réponse négative du gouvernement et il reviendra à charge dans le cadre des entretiens de Watteville. Il espère encore pouvoir compter sur le soutien du PDC qui, dans l’émotion du mois de janvier, avait affirmé qu’il était prêt à rediscuter du budget de l’aide au développement. Un mois plus tard, il semble avoir malheureusement à nouveau changé d’avis, au vu du rejet d’une telle proposition par les membres démocrates-chrétiens de la commission spéciale du Conseil des Etats.
«Alors que l’ensemble de la population prévoit de donner plus de 200 millions de francs en faveur des victimes du raz-de-marée en Asie du sud-est, le Conseil fédéral veut économiser 234 millions au détriment de l’aide suisse au développement». Hans-Jürg Fehr regrette profondément que la politique du gouvernement entre en contradiction avec l’immense élan de solidarité qui a suivi la catastrophe du 26 décembre dernier. Dix jours plus tard, le président du PS avait écrit au Conseil fédéral comme aux président-e-s des groupes parlementaires des Chambres fédérales pour leur suggérer d’annuler les coupes prévues dans ce domaine par le programme d’économies 2004. Le PS ne se satisfait pas de la réponse négative du gouvernement et il reviendra à charge dans le cadre des entretiens de Watteville. Il espère encore pouvoir compter sur le soutien du PDC qui, dans l’émotion du mois de janvier, avait affirmé qu’il était prêt à rediscuter du budget de l’aide au développement. Un mois plus tard, il semble avoir malheureusement à nouveau changé d’avis, au vu du rejet d’une telle proposition par les membres démocrates-chrétiens de la commission spéciale du Conseil des Etats.La générosité de la population suisse a battu tous les records: la Chaîne du bonheur a déjà enregistré 201 millions de francs de promesses de dons en faveur des victimes du raz-de-marée en Asie du sud-est. Malheureusement, la politique suivie par le Conseil fédéral et les partis de droite se situe à l’opposé de ce vaste mouvement de solidarité. Le programme d’économies 04 prévoit ainsi, conformément au plan financier publié le 24 septembre 2004 des économies de l’ordre de 234 millions de francs au titre de l’aide suisse au développement de 2006 à 2008. Les coupes frappent plusieurs domaines qui vont de la coopération avec les pays du sud à l’aide humanitaire. Elles ont également pour conséquence d’empêcher le Conseil fédéral de tenir ses engagements internationaux et notamment le consensus de Monterey qui stipule que d’ici 2010, 0,4% du revenu national brut soit consacré à l’aide au développement.Cette politique est particulièrement contradictoire car s’il faut évidemment se porter au secours des populations frappées par des catastrophes naturelles, il faut aussi maintenir une aide structurelle à long terme pour combattre efficacement la pauvreté. C’est la seule mesure qui puisse permette à des millions de personnes de mieux faire face à de telles tragédies inopinées. C’est dans cet esprit qu’Hans-Jürg Fehr a écrit, le 7 janvier, au Conseil fédéral et aux président-e-s des groupes parlementaires des Chambres fédérales pour leur demander de surseoir aux coupes prévues dans le budget de l’aide suisse au développement.Le Conseil fédéral a répondu par la négative tout en concédant que ces réductions budgétaires n’allaient vraisemblablement pas permettre à la Suisse de respecter le consensus de Monterey. Triste ironie : la réponse du gouvernement est parvenue au président du PS le jour même où le président de la Confédération Samuel Schmid célébrait, au forum de Davos, la «solidarité globale» et historique suscitée par la catastrophe du 26 décembre. Loin de baisser les bras, le PS entend bien revenir sur ce sujet à l’occasion des prochains entretiens de Watteville qui réuniront partis gouvernementaux et Conseil fédéral. Reste à savoir quel soutien il est en mesure d’attendre du PDC afin de rallier une majorité parlementaire. Après avoir publiquement déclaré, en janvier, que ses député-e-s étaient prêts à voter contre ces économies budgétaires, le PDC a dû changer d’avis. Pas plus tard qu’hier, ses représentant-e-s au sein de la commission spéciale du Conseil des Etats ont rejeté cette idée.







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