Politique énergétique : l’occasion manquée ou les contradictions du Conseil fédéral
C’est avec autant d’étonnement que de déception que le PS a pris acte du rejet, ce mercredi, de son initiative «Cleantech» par le Conseil fédéral qui n’a, en outre, pas jugé nécessaire d’y opposer un contre-projet direct ou indirect. Étonnement parce qu’après avoir pris la décision de principe de sortir du nucléaire, on aurait pu penser que le gouvernement allait saisir toutes les options permettant de franchir le pas progressivement et de manière coordonnée. Déception parce qu’il semble qu’une fois de plus, les projets sont jugés en fonction de leur provenance plutôt que de leurs objectifs. Au risque de laisser passer une bonne occasion d’élaborer une véritable politique énergétique d’avenir.
L’année dernière, alors même que les Chambres fédérales étaient en passe de confirmer le choix du Conseil fédéral d’abandonner – à terme – l’énergie nucléaire, le PS déposait officiellement son initiative « De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables - (initiative Cleantech) » munie de 106'000 signatures valables. Il fournissait ainsi - clés en main - un concept cohérent, validé par la population, combinant la transition vers les énergies renouvelables avec des mesures d’amélioration de l’efficacité énergétique tout en se révélant un puissant vecteur de création d’emplois pour la place économique suisse ainsi que l’a depuis confirmé une étude de l’Université de Lausanne.
Aujourd’hui, la majorité du Conseil fédéral, sans pour autant sérieusement contester son bien-fondé, appelle la population à rejeter ce texte sans lui opposer d’alternative ni même envisager de l’intégrer à sa propre stratégie pour libérer la Suisse des risques liés à l’atome dans les meilleurs délais. Pour le PS qui déplore cette décision, le gouvernement lâche la proie pour l’ombre et manque une excellente occasion de fédérer les bonnes volontés qui s’emploient à lever les menaces qui pèsent sur la sécurité et l’environnement tout en assurant l’approvisionnement énergétique du pays. Cela revient en outre à négliger l’énorme potentiel des énergies renouvelables alors même que les entreprises helvétiques ont un urgent besoin de conditions-cadre adéquates et d’investissements substantiels. Exactement ce que prévoit l’initiative afin de mettre en œuvre une politique énergétique offensive susceptible de déboucher sur le développement de notre capacité concurrentielle sur un marché mondial en pleine expansion.
A l’heure où la population attend du Conseil fédéral qu’il continue à faire preuve du même courage qui l’a amené à décider de la sortie du nucléaire, ce rejet abrupt de l’initiative socialiste laisse penser que le lobby des entreprises électriques a toujours le bras long lorsqu’il s’agit de sauvegarder ses intérêts. Pour sa part, le PS continuera à mettre tout en œuvre pour convaincre le Parlement, puis le peuple qu’il est non seulement possible, mais nécessaire de conjuguer écologie et développement économique.







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