03.09.2007
L’initiative populaire „Pour la protection face à la violence des armes“ a maintenant officiellement démarré. Dès demain 4 septembre, les signatures requises pourront être récoltées. Le but de l’initiative est de réduire la disponibilité excessive des armes à feu en Suisse afin de diminuer le risque de suicide, d’homicide et de violence. Plus de 2,3 millions d’armes à feu sont entreposées dans notre pays, où elles peuvent circuler pratiquement sans aucun contrôle. Chaque jour, une personne est tuée par une arme militaire. L’initiative, qui veut bannir les armes militaires des caves et des greniers pour les conserver dans les arsenaux, exige la preuve du besoin et des capacités pour posséder une arme et introduit un registre central des armes à feu. Une large coalition d’une soixantaine de partis et d’organisations soutient l’initiative.
« Nous connaissons les drames familiaux impliquant des armes à feu. Nous connaissons les cas où, sous l’emprise d’une violente impulsion, des personnes tirent sur leur famille, leurs amis ou des passants. La Suisse a l’un des taux de suicides les plus élevés du monde », a dit la conseillère nationale Chantal Galladé (PS/ZH) lors de la conférence de presse de lancement de l’initiative. « Le 12 août dernier, une arme a encore tué deux personnes dans le canton de Neuchâtel », a rappelé la conseillère nationale Francine John-Calame (Verts/NE). Les homicides familiaux, souvent suivis du suicide de l’auteur, sont aussi très fréquents en Suisse. En outre, les menaces au moyen d’armes à feu sont un phénomène courant, mais tabou. Selon Gabriela Chu, de la Fédération Solidarité femmes de Suisse et du Liechtenstein, « de très nombreuses femmes disent que leurs hommes les menacent avec leur arme à feu. Les menaces indirectes sont encore plus courantes : « Tu sais bien où j’ai mis mon fusil… » . « Cela ne suffit plus de crier au scandale après chaque tuerie, chaque drame familial et chaque suicide. Il faut enfin que les armes deviennent moins accessibles », conclut Rosmarie Zapfl-Helbling, présidente d’alliance F.
Tout le monde se souvient de la tuerie du Parlement zougois, qui avait fait 14 tués. « On ne peut pas prouver qu’un registre des armes aurait empêché l’attentant, mais on peut prouver qu’avec un tel registre, la police aurait eu une chance d’empêcher la tragédie », selon le conseiller national zougois Jo Lang (Verts), membre du GSsA. Les policières et les policiers sont très conscients du potentiel de menace que représentent les 2,3 millions d’armes à feu aux mains des particuliers, a souligné Jean-Pierre Monti, président de l’Association du personnel de la police judiciaire fédérale. Pour lutter contre le crime et la violence des armes, la police doit disposer des instruments adéquats, notamment de registres des armes. Les associations spécialisées des psychiatres et la FMH soutiennent l’initiative pour des raisons de prévention du suicide. Toutes les études montrent qu’une moindre disponibilité des armes fait diminuer les suicides. « En réduisant l’accès aux armes à feu, on pourrait diminuer le taux de suicide », selon le Dr Patrick Haemmerle. Entre 1960 et 2004, 12 174 personnes se sont tuées par balle en Suisse.