09.02.2010
L’UBS n’a tiré aucune leçon de sa débâcle. C’est ce que vient confirmer l’annonce ce matin, de sa volonté de distribuer 3 milliards de bonus au sortir d’un exercice particulièrement difficile. A l’UBS, on n’a pas tourné la page des années de vaches grasses alors même que la Banque nationale détient toujours plus de 20 milliards d’actifs toxiques repris pour lui sauver la mise. Visiblement, ni la Paradeplatz, ni le Palais fédéral n’ont encore intégré le fait que les grandes banques disposent – de facto – d’une garantie d’état. Il revient donc, plus que jamais, aux institutions politiques de taper du poing sur la table. Lors de la prochaine session des Chambres fédérales, le Groupe socialiste va ainsi déposer une motion visant à strictement recadrer le versement des parts variables du salaire pour de tels établissements. Des bonus dont il ne saurait être question à l’issue d’une année aussi désastreuse que celle que vient de vivre l’UBS.
« Tant que les contribuables devront, sans contrepartie, essuyer les plâtres en lieu et place des grandes banques présentant un risque systémique, il est de la responsabilité de l’Etat d’empêcher le versement de salaires abusifs », relève la présidente du Groupe socialiste des Chambres fédérales Ursula Wyss. Le PS attend du Conseil fédéral et du Parlement qu’ils sifflent la fin de la partie. « Il est indispensable de corriger des modèles de rétribution dangereux et d’intervenir pour limiter les excès des grandes banques. »
La motion socialiste « Pas de bonus par les grandes banques disposant d’une garantie d’état » exige des établissements dont la taille et l’importance pour la place économique justifie le sauvetage par la Confédération qu’ils limitent leurs rémunérations variables à 30% du salaire fixe. Elle interdit également le versement de tout type de bonus à l’issue d’une année déficitaire.