Un quatrième pouvoir proposant une offre diversifiée d'émissions radiophoniques ou télévisées indépendantes, est d'une importance vitale pour notre démocratie. En cas d'acceptation de l'initiative, ce ne serait pas uniquement la SSR (Société suisse de radiodiffusion et télévision) qui devrait "tirer la prise", mais également 35 radios et télévisions régionales ! Ce qui serait tout bonnement dévastateur, dans un pays comme la Suisse, dans lequel les citoyen-ne-s sont appelés plusieurs fois dans l'année à se prononcer sur des sujets parfois complexes, et où la diversité, aussi bien linguistique que géographique, est précieuse.

Cela représenterait une perte pour la diversité régionale !

13 Télévisions et 22 radios régionales existent aujourd'hui et ce, avant tout grâce à l'argent de la redevance : elles sont toutes menacées en cas de oui à cette initiative. Cela se révèlerait particulièrement amer pour les régions périphériques, pour lesquelles une couverture médiatique digne de ce nom, sans la redevance, ne serait tout bonnement pas rentable. Qui plus est, l'extrême fragmentation des divers marchés locaux rendrait d'emblée impossible à financer une offre privée équivalente. Les téléspectatrices et les téléspectateurs préfèrent sans nul doute éviter la contrainte de devoir se tourner vers les émissions étrangères, ce qui serait à n'en pas douter un véritable poison pour la cohésion de la Suisse. 

Les riches et les puissants joueraient au Monopoly avec les médias !

Si l'initiative venait à être acceptée, cela ferait planer un risque certain de liens d'intérêts troubles "à l'italienne" ou "à l'américaine", liant les médias, avec une influence politique grandissante sur la formation de l'opinion publique. Les concessions pour les radios et/ou les télévisions seraient à l'avenir vendues au plus offrant. Les critères de service public, de démocratie ou la diversité n'entreraient absolument plus en ligne de compte. Ce qui serait tout bonnement dévastateur, dans un pays comme la Suisse, dans lequel les citoyen-ne-s sont appelés plusieurs fois dans l'année à se prononcer sur des sujets de votations parfois complexes. Les médias, qui constituent le quatrième pouvoir, ne pourraient plus fonctionner en toute indépendance sans ces groupes de médias publics, poursuivant un mandat de service public.

Le profit plutôt que la qualité...

À côté des milliardaires poursuivant leur "programme politique" personnel, de purs prestataires commerciaux, nationaux voire même étrangers, s'empresseraient de profiter de ces nouvelles failles dans le panorama médiatique suisse. La seule qui intéresse ces derniers, est leur audimat. L'information, la culture et la formation ne sont pourtant pas rentables, au vu de l'étroitesse du marché intérieur suisse. Sans le produit de la redevance, et une obligation légale de fournir ses prestations à toutes et à tous, la SSR ne se verrait par conséquent plus obligée d'endosser sa responsabilité à se montrer exemplaire en matière de travail journalistique. En outre, la suppression de l'autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision, aurait pour conséquence que les consommateurs n'auraient dès lors plus aucune objection ni aucun droit à faire valoir face aux médias restants.

Un coût démesuré pour moins de contenu...

365 francs par année, c'est le prix que devra verser bientôt chaque ménage pour avoir accès aux prestations, dans les quatre langues nationales, de la SSR; ainsi qu'à celles de 35 autres opérateurs régionaux. Un programme "à la carte" équivalent de la part d'opérateurs privés reviendrait bien plus cher. Rien que l'abonnement annuel aux pages sportives d'une TV privée payante (pour par exemple regarder Roger Federer remporter ses matchs) est aujourd'hui beaucoup plus cher que l'actuelle redevance.  Un changement de financement, entre la redevance et des abonnements payants obligatoires, reviendrait à payer davantage pour accéder à moins de contenu !