Le PS60+ suisse réclame un retour au service public

Le PS60+ suisse demande un changement d’orientation fondamental de la politique de la santé. Il convient d’abandonner la logique coûteuse de la concurrence et de l’assurance au profit d’un système de santé axé sur l’humain plutôt que sur le profit, en tant que service public. Lors de sa 14e conférence des membres, le PS60+ suisse a réaffirmé les trois piliers de cette approche : une loi nationale sur la santé, une caisse unique publique et des primes socialement équitables, calculées en fonction des moyens.

« La majorité au Parlement veut faire des économies sur le dos de la population — par exemple en augmentant la franchise minimale ou en introduisant un forfait initial pour les consultations en urgence », déclare Rita Schmid, co-présidente du PS60+ suisse. De telles mesures isolées s’attaquent aux plus vulnérables et poussent les gens à renoncer à des traitements nécessaires — ce qui a pour conséquence d’aggraver les problèmes de santé et, au final, de rendre les traitements plus coûteux. « Le débat purement axé sur les coûts et le financement n’est ni constructif ni adapté aux besoins, et il ne permet pas de réaliser les économies souhaitées », ajoute Dominique Hausser, co-président du PS60+ suisse.

La santé comme service public plutôt que comme logique de profit

Le PS60+ oppose à ces coupes budgétaires une approche solidaire. Au cœur de cette approche se trouve le système de santé en tant que service public : la promotion de la santé, la prévention des maladies et des accidents ainsi que la prise en charge médico-psychosociale doivent être accessibles à toutes et tous. Aujourd’hui, il manque une coordination nationale : la Confédération essaie de réglementer le système de soins principalement par le biais de la loi sur l’assurance-maladie, plusieurs dispositions dans des domaines spécifiques et de lois cantonales dans quelques cantons. Le fait de s’en tenir à une logique d’assurance plutôt qu’à une logique de santé rend le système de plus en plus coûteux et injuste.

Lors de la 14e conférence des membres du PS60+, le professeur Daniel Kübler (Université de Zurich) a démontré qu’un changement de cap était nécessaire et susceptible de rallier une majorité : au sein de l’Assemblée Citoyenne 2025 — un organe composé de 100 habitant-es sélectionné-es au hasard —, les participant-es sont parvenu-es ensemble à la conclusion qu’un changement de cap était nécessaire dans le système de santé suisse et ont recommandé la création d’une loi nationale sur la santé. L’ancien directeur de la santé neuchâtelois, Laurent Kurth, a parallèlement souligné les résistances : plusieurs lobbies, du secteur des assurances à l’industrie pharmaceutique, voient dans une prévention plus abordable et une promotion active de la santé une menace pour leurs profits.

S’appuyant sur les recommandations de l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM), de l’Assemblée Citoyenne 2025 et du « Denknetz » formulées dans un document intitulé « Bien-être plutôt qu’épuisement », le PS60+ demande, dans sa résolution, une politique de santé cohérente s’articulant autour des axes suivants :

  • Le système de santé (promotion de la santé, prévention des maladies et des accidents, prestations de soins médicaux psychosociaux) est un service public ;
  • Une caisse publique unique, sur le modèle de la Suva, couvre les prestations obligatoires ; les primes sont fixées en fonction des moyens des assuré-es.
  • La Confédération définit les orientations stratégiques, coordonne les des cantons et renforce une approche intégrée de la santé, qui reconnaît l’interdépendance de la santé des êtres humains, des animaux et de l’environnement.
  • La Confédération légifère sur la récolte et l’utilisation des données destinées à piloter le système de santé et pour un strict usage lié à la recherche publique.

Interlocuteur-trices sur ce thème

Clément Borgeaud

Clément Borgeaud

Porte-parole & campagnes Suisse latine

Elisa Jeanneret

Elisa Jeanneret

Responsable de projet Médias & Direct Suisse romande

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