Je limiterai mon compte rendu aux deux sujets importants de cette journée, laissant au procès-verbal officiel, diffusé plus tard, le soin de vous informer sur les points relatifs au calendrier des événements et au déroulement des travaux en cours.
Source : compte rendu d’André Liechti sur l’AD du PS60+ du 24 janvier 2026
Si nos neurones étaient encore un peu engourdis, ils ont été rapidement agités par les propos de notre camarade Benoît Gaillard, conseiller national du canton de Vaud. Il a abordé avec une conviction contagieuse le sujet de L’avenir de la politique financière – voir clair pour voir loin. Dans un premier temps, il a démontré combien le thème des finances publiques est devenu une construction idéologique imposée par la droite et les milieux économiques qui ne cessent de marteler que la taille et les dépenses de l’État augmentent continuellement. Il a révélé ce qui est dit et ce qui est caché en expliquant pourquoi en s’appuyant sur des faits officiellement diffusés et illustrés par des graphiques. Il a démontré que, comparativement à d’autres états européens voisins et aux USA, la taille de l’État est stable en Suisse. En plus, en comparaison internationale, la taille de l’État est un des plus modeste en Suisse en considérant les dépenses des administrations publiques en pourcentage du PIB, et de l’emploi dans les administrations publiques en pourcentage de l’emploi total. Il a relevé que les recettes dans le budget de la Confédération sont systématiquement sous-estimées ; pour exemple, en 2024 budget : – 0,3 milliard / résultat : + 2,1 milliards. Alors que l’État accumule de la fortune depuis environ dix ans, le frein à l’endettement l’empêche d’investir en moyenne un milliard de francs de plus par année. Au lieu d’investir, la Suisse réduit sa dette et limite ainsi la possibilité de se doter de nouveaux moyens de production.
Dans un deuxième temps, Benoît a illustré la manière dont le budget a été allégé. Entre 2008 et 2025, les entreprises ont bénéficié d’une réduction de 25% d’impôt. En 40 ans, les hauts revenus ont connu un allègement d’impôt de 20%. De même, les revenus financiers et le capital ont bénéficié de baisses d’impôt successives importantes. En comparaison, la courbe de la charge fiscale par rapport au revenu pour les familles démontre une progressivité défavorable pour la classe moyenne.
Dans un troisième temps, Benoît a dénoncé l’absurdité du paquet d’allègement préconisé par le Conseil fédéral : réduction des dépenses dans la formation, la recherche fondamentale et appliquée, la coopération internationale, l’intégration, les prestations de transport public régional. Il en va de même pour la réduction d’investissements : développement du réseau ferroviaire, infrastructures routières et d’agglomération, rénovation énergétique des bâtiments, nouvelles techniques de réduction des émissions. Il s’élève contre cette politique à courte vue qui occulte le taux de croissance moyen du PIB d’environ 1,9%, la croissance de la population d’environ 0,8% et ignore l’effet de croissance supplémentaire réalisé par les dépenses d’éducation.
En conclusion de son brillant et tonique exposé, Benoît propose une réforme du frein à l’endettement pour permettre de dépenser au moins autant qu’on encaisse et rendre possibles des investissements d’avenir. Sans oublier une révision de la fiscalité des entreprises, des détenteurs de capitaux et des hauts revenus. En résumé, partir des besoins et se donner les moyens pour assurer la cohésion sociale et le maintien d’une infrastructure de haut niveau et pour faire face aux défis, comme la lutte contre le dérèglement climatique et la compétitivité durable fondée sur l’innovation et la qualité de vie.
C’est aussi ainsi que l’on « fait communauté ».
Après un court temps de questions et de discussion, le Comité directeur a proposé l’adoption d’une résolution. Plusieurs remarques sur le fond et la forme du texte ont convaincu la majorité des délégués de charger le Comité directeur d’améliorer le texte de la résolution et de la soumettre pour adoption lors de la prochaine Assemblée des délégués.
vers le plan pour l’avenir du Groupe socialiste aux Chambres fédérales
Après un temps de pause bienvenu, nous avons entendu un plaidoyer convaincant et engagé contre l’initiative soutenue par l’UDC en faveur de la réduction de la redevance SSR « 200 francs, ça suffit ! ». Notre camarade Walter Langenegger, vice-président SSR des régions de BE, FR, VS et ancien responsable de la communication de la ville de Berne, a démontré l’impérative raison de rejeter cette proposition dont les conséquences seraient désastreuses, en particulier pour la cohésion nationale. Il a rappelé que la SSR est une organisation qui appartient à nous tous et qui ne peut pas être achetée.
Elle n’est pas tributaire des exigences de rendement de la part d’actionnaires. Elle travaille selon des critères journalistiques sérieux et s’adresse quotidiennement par ses émissions radio et TV à environ 3,5 millions de personnes. La SSR est un service public qui est un élément important de l’infrastructure de notre démocratie par sa contribution à la formation de l’opinion. Bien qu’elle ne soit de loin pas positionnée à gauche comme le prétendent certains milieux de droite, mieux vaut une Suisse avec SSR que sans SSR. Elle offre un rempart contre la désinformation croissante et la propagande tendancieuse diffusées par les médias privés aux mains de propriétaires milliardaires à tendance populiste. Certains exemples présentés illustrent la manipulation des faits et les affirmations fallacieuses.
Après avoir rappelé l’objectif déclaré de l’initiative (redevance limitée à 200 francs, abolition de la contribution des entreprises), l’orateur a commenté les conséquences financières de l’acceptation de l’initiative. Le revenu de la SSR serait réduit de plus de la moitié, soit 800 millions de francs. Cette amputation obligerait des coupes drastiques dans les émissions d’information, de musique, de film et de culture. Elle contraindrait la SSR à supprimer 2400 emplois à plein temps, sans compter les conséquences pour les entreprises privées qui travaillent pour la SSR. Même si elle voulait se limiter à assurer les prestations d’information comme le souhaitent les promoteurs de l’initiative, les ressources ne suffiraient pas, car aujourd’hui, elle consacre 600 millions de francs pour ce domaine. La SSR manquerait aussi de moyens pour s’adapter au passage incontournable vers le monde des médias numériques.
Même si le Conseil fédéral s’oppose à cette initiative, il adopte une position ambiguë en décidant d’une réduction progressive de la redevance qu’il fixe à 300 francs en 2029, ce qui contraint la SSR à réduire ses dépenses de 270 millions de francs, soit les 17 % de son budget.
L’initiative de l’UDC menace l’existence des studios régionaux qui offrent un journalisme proche de la population, des minorités et des particularités locales.
En conclusion, Walter Langenegger invite à voter NON le 8 mars, car la SSR :
- protège notre démocratie ;
- s’engage contre la désinformation et les « Fake News » ;
- tente de préserver la Suisse de toute influence et propagande ;
- est implantée dans toutes les régions et encourage la diversité des médias ;
- contribue à la cohésion de la Suisse et de ses cultures ;
- la SSR rend visible et tangible la diversité du sport et de la culture suisse.
À l’issue de cet exposé au ton combatif, les délégués ont adopté à l’unanimité une résolution.
Je m’étonne que l’UDC, chantre du patriotisme et des traditions ancestrales, ne mesure pas combien son initiative porte atteinte à la cohésion nationale. votation qu’un proche avenir nous impose de mener avec détermination.
