Après une assemblée des délégué-es très fréquentée, avec des intervenants convaincants et des discussions animées, le PS60+ s’engage en faveur d’un engagement clair en faveur de la démocratie — en rejetant clairement l’attaque de l’UDC contre les médias publics et en préconisant davantage d’investissements plutôt que des pactes de démantèlement absurdes.
« La SSR n’est pas de gauche ! » C’est ce qu’a déclaré Walter Langenegger lors de l’assemblée des délégués à Berne. Et c’est vrai : les opposants populistes de droite à une offre médiatique publique forte présentent délibérément le journalisme critique comme étant de gauche. Derrière cette déformation se cache un calcul politique. Presque partout, les médias publics sont attaqués par la droite, en instrumentalisant de manière perfide la question du financement.
La réduction de la redevance demandée entraînerait en effet une diminution de moitié du budget de la SSR. En tant que simple média d’information, la SSR ne pourrait plus atteindre la population et ne pourrait plus garantir sa mission, qui consiste à fournir une couverture médiatique indépendante dans toutes les régions du pays. Cela ouvrirait la voie à la prise de contrôle du pouvoir de l’information par des groupes technologiques disposant de capitaux importants.
L’accent ne serait alors plus mis sur la qualité et la nécessité de l’information, mais sur des algorithmes axés exclusivement sur la portée et l’intervention afin de générer des revenus publicitaires pour les plateformes d’oligarques étrangers. Un « non » le 8 mars 2026 à l’initiative anti-SSR, qui menace la démocratie et dont la campagne regorge de désinformation et de « fake news », est donc également une question de survie pour les médias privés suisses.

« La SSR fait partie intégrante de la Suisse. Elle rend tout le pays — des centres aux régions périphériques — visible et tangible au quotidien et contribue de manière décisive au bon fonctionnement de la démocratie grâce à son journalisme indépendant et de grande qualité. Amputer la SSR, c’est amputer la Suisse. Nous n’économisons rien, nous ne faisons que perdre ! »
Walter Langenegger, vice-président de la SSR Berne Fribourg Valais, ancien responsable de la communication de la ville de Berne et journaliste
Pour une politique financière humaine
La politique financière de la Confédération a également été au centre de la deuxième intervention lors de l’assemblée des délégué-es du PS60+. Le conseiller national socialiste Benoît Gaillard (VD) a convaincu avec son engagement en faveur d’une plus grande efficacité ainsi que d’une politique financière qui serve l’ensemble de la population, et pas seulement les plus privilégié-es. La majorité bourgeoise sous-estime systématiquement les recettes. En réalité, depuis 2004, la Confédération aurait pu investir chaque année un milliard de francs supplémentaire dans l’avenir du pays. Les cantons utilisent également cette même tactique : ils sous-estiment les recettes, puis réduisent systématiquement les prestations. Cela sert d’arme politique à celles et ceux qui refusent de voir l’avenir.
Gaillard parle d’une « Suisse comptable » qui manque de courage et attise la peur exagérée d’émigration en cas d’augmentation des impôts. Le paquet de mesures de réduction des dépenses est un festival d’absurdités. Les coupes dans des domaines tels que l’éducation, la recherche et la coopération internationale font reculer la Suisse au lieu de la faire progresser. Or, les investissements publics dans l’éducation et la formation seraient rentables sous la forme d’une productivité accrue d’une société performante et innovante. Ils rendraient la Suisse attrayante, indépendante et agréable à vivre pour les générations futures.
Il est donc urgent de remettre en question et de réformer le frein à l’endettement tant au niveau fédéral que cantonal. Un boulanger doit d’abord investir dans un four pour pouvoir vendre du pain par la suite. La manière dont l’argent est utilisé détermine donc la création de valeur ultérieure. Cependant, comme le narratif des « mauvaises dettes » domine le discours, il est difficile de faire comprendre cette logique de boulanger.
La politique suisse est d’autant plus appelée à assumer ses responsabilités et à initier dès maintenant ce changement de paradigme. Du côté des recettes, cela signifie : des augmentations d’impôts au lieu de nouvelles réductions pour les revenus très élevés, ainsi que des impôts plus élevés sur les grandes fortunes et le capital. Du côté des dépenses, la Suisse a besoin d’investissements dans des infrastructures et des technologies d’avenir, dans l’éducation et la formation.

« Les coupes budgétaires dans les domaines de l’innovation, de la formation et de l’aide au développement sont une catastrophe pour l’avenir de la Suisse. Après avoir accordé des réductions d’impôts massives aux entreprises, le Conseil fédéral peint un tableau noir en sous-estimant délibérément les recettes afin de justifier ces coupes. Il faut investir maintenant pour que la Suisse reste à la pointe en matière d’infrastructures, de technologie et de protection du climat. »
Benoît Gaillard, conseiller national socialiste (VD)


