La Commission de l’économie du Conseil national (CER-N) s’est prononcée en faveur de l’augmentation des ouvertures dominicales non soumises à autorisation de quatre à douze par an. Elle s’oppose ainsi au Conseil des États, qui venait tout juste de rejeter ce projet. Le PS Suisse critique vivement cette décision : il s’agit d’un affront envers les salarié-es d’un secteur déjà marqué aujourd’hui par des salaires bas et une forte pression.
« Davantage d’ouvertures dominicales, contournement des salaires minimaux, allongement des horaires de travail en télétravail : pas à pas, on cherche à démanteler la protection des salarié-es », déclare le conseiller national socialiste Emmanuel Amoos (VS). La décision de la CER-N s’inscrit ainsi dans une série d’attaques contre le droit du travail. « Le dimanche est le moment de repos de notre société. Nous appelons le Conseil national à suivre l’exemple du Conseil desÉtats et à rejeter définitivement ce projet absurde. »
La question de savoir qui profiterait d’une telle extension trouve une réponse évidente : ni la clientèle ni les petits commerces. « Personne ne se retrouve soudainement avec plus d’argent dans son porte-monnaie simplement parce que les magasins restent ouverts plus longtemps. Seule la grande distribution en tirerait profit — au détriment des petits commerces de quartier et des magasins spécialisés », explique Emmanuel Amoos. Alors qu’un grand distributeur n’a aucun mal à trouver du personnel pour le dimanche, les petits magasins subissent une pression énorme. Au final, les concerné-es se retrouvent avec moins de revenus et moins de temps à passer en famille.
Ce qui est particulièrement choquant est qu’avec cette extension, les majorations pour le travail le dimanche disparaîtraient de fait pour beaucoup. Aujourd’hui, les salarié-es ne perçoivent la majoration salariale de 50 % que si elles et ils travaillent au maximum six dimanches par an. Avec douze ouvertures dominicales possibles, cette protection n’a plus aucune valeur. À cela s’ajoutent les coûts liés à la santé : des temps de repos irréguliers augmentent le risque d’épuisement et de maladie — dans un secteur professionnel où les niveaux de stress sont déjà critiques aujourd’hui. Le PS Suisse combattra avec la plus grande détermination cette attaque contre les salaires et la santé lors des débats parlementaires.



