La Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) souhaite maintenir le Fonds de roulement pour la construction de logements d’utilité publique jusqu’en 2034 et l’augmenter de 150 millions pour le porter à 900 millions de francs. Le PS Suisse salue la sécurité de planification ainsi créée, mais regrette vivement que la commission refuse de renforcer davantage le fonds. Pour le PS, une chose est claire : compte tenu de la crise du logement, il faut nettement plus de moyens pour la construction de logements d’utilité publique.
« La situation est devenue insupportable. Depuis des décennies, les loyers ne connaissent qu’une seule direction : la hausse. Pourtant, ils auraient dû baisser en raison des taux d’intérêt historiquement bas », déclare Emmanuel Amoos, conseiller national socialiste. « De plus en plus d’appartements appartiennent à des sociétés immobilières, tandis que les particulier-ères n’ont pratiquement plus les moyens d’accéder à la propriété. C’est une catastrophe économique et sociale. Les loyers sont le premier facteur qui réduit le pouvoir d’achat. Si l’on veut soulager la population, il faut renforcer de manière conséquente la construction de logements d’utilité publique. »
Le Fonds de roulement est l’un des instruments les plus efficaces dont dispose la Confédération pour promouvoir la construction de logements d’utilité publique : il permet aux promoteurs immobiliers d’utilité publique, tels que les coopératives, d’obtenir des prêts remboursables à taux d’intérêt avantageux pour la construction, la rénovation, l’acquisition ou l’achat de terrains. Cependant, les besoins augmentent considérablement : en 2024, des prêts d’un montant total de 92 millions de francs ont été accordés, soit le double de la moyenne à long terme.
« Les logements abordables ne se construisent pas avec de grandes paroles, mais avec suffisamment de capitaux pour les coopératives », ajoute Emmanuel Amoos. Il est d’autant plus décevant que la CER-N freine également le deuxième instrument fédéral de promotion indirecte de la construction de logements, à savoir les garanties pour l’octroi d’emprunts à taux préférentiels : elle soutient certes la poursuite du crédit d’engagement jusqu’en 2033, mais refuse également toute augmentation. « Le Parlement, dominé par les partis bourgeois, doit enfin remplir son mandat constitutionnel et renforcer la construction de logements d’utilité publique », déclare-t-il. « C’est la seule façon de soulager sensiblement les locataires. »



