- La récolte de signatures est suspendue jusqu'au 31 mai en raison du COVID-19. -

Un peu plus de trois milliards pour l’achat de 22 Gripen en 2014. Aujourd’hui une enveloppe de six milliards pour s’offrir de luxueux avions de combat dernier cri, sans oublier encore deux milliards supplémentaires pour le renouvellement de notre système de défense sol-air. Qui dit mieux ? Et lorsque l’on parle de 6 milliards, il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg, car le prix initial d’un avion ne représente en définitive que le quart ou le tiers au mieux de l’ensemble des coûts qu’il va générer tout au long de ses 30 ou 40 années d’exploitation : mises à niveaux, améliorations, entretien, carburant…

Les enchères sont ouvertes et tous les moyens sont bons pour appâter les soutiens, notamment ceux des milieux industriels, à qui l’on fait miroiter de juteuses affaires compensatoires…

Le Parlement a accepté un arrêté fédéral qui charge le Conseil fédéral de renouveler les moyens de protection de l’espace aérien par l’acquisition de nouveaux avions de combat en lui donnant les pleins pouvoirs quant au choix du type et du nombre d’avions, avec une enveloppe de six milliards de francs à disposition. Des avions de combats parmi les plus performants ont été testés ces derniers mois, des avions de guerre, tels le F-35 américain, un avion furtif, ce que l’on fait de mieux aujourd’hui, un avion cher, bruyant et polluant, dont chaque heure de vol coûte aux alentours de 40000 francs…

La surveillance de son espace aérien représente pour chaque pays une mission régalienne. La Suisse doit exercer cette souveraineté et pour ce faire notre pays doit s’en donner les moyens… mais l’analyse du contexte géostratégique, l’évaluation des menaces, de leur plausibilité et de leur probabilité, représentent des préalables indispensables à toute décision d’acquisition. Il faut garder à l’esprit que la Suisse jouit d’une situation de protection toute particulière en plein milieu du dispositif de l’OTAN…On a coutume de dire que notre pays est un peu le passager clandestin de l’OTAN… Sans oublier la question du prix et le fait qu’un nouveau paramètre qui s’invite dans le débat : le climat et l’importance de l’empreinte carbone induite par nos choix.

Les constats suivants s’imposent :

  • Le risque de voir notre continent et la Suisse impliqués à moyen ou long terme dans un conflit traditionnel est jugé, même par le Conseil fédéral, quasiment impossible
  • La Suisse a besoin d’avions de chasse pour assurer sa police aérienne, soit la surveillance de l’espace aérien en temps de paix ; pour ce faire, nous n’avons pas besoin des avions de guerre les plus performants. Des alternatives existent, moins chers et susceptibles d’assurer l’essentiel des missions, permettant ainsi de ménager nos F/A-18 Hornet et de prolonger ainsi leur durée d’utilisation
  • L’espace aérien représente un point faible du point de vue sécuritaire pour notre pays, mais les menaces concernent en premier lieu des drones, des missiles balistiques ou de croisière, mais pas des attaques par des avions de guerre. Et pour contrer ces menaces plausibles, l’arme la plus efficace est un système de défense aérienne sol-air. La Suisse doit investir en premier lieu aujourd’hui dans ce domaine.
  • Les menaces sécuritaires véritables auxquelles notre pays pourrait être confronté concernent le terrorisme, le domaine cyber et des événements extrêmes en rapport avec le climat : éboulements, inondations, etc…
  • Avec une association d’avions de combat correctement dimensionnés et pleinement adéquats pour les missions de police aérienne et d’un système de défense sol-air très performant, tout en maintenant nos F/A-18 Hornet en activité réduite, notre pays pourrait assurer la sauvegarde de son espace aérien, pour moitié prix, soit quatre milliards au total, au lieu de huit.

Les besoins financiers sont énormes aujourd’hui : retraites, AVS, réduction des primes de caisse-maladie, investissements pour la transition énergétique. Alors une seule réponse aux avions de combat luxueux rêvés par la droite et le Conseil fédéral : SIGNEZ ET FAITES SIGNER LE REFERENDUM.

- La récolte de signatures est suspendue jusqu'au 31 mai en raison du COVID-19. - 

24. jan 2020