Le Département fédéral des finances s’est trompé de près de 2 milliards de francs dans ses prévisions. Au lieu d’un déficit de 0,7 milliard, l’extrapolation de la situation budgétaire 2026 prévoit aujourd’hui un excédent de 0,8 milliard de francs. La Confédération enregistre des excédents — mais ceux-ci ne sont pas investis dans les écoles, l’égalité ou la lutte contre la crise climatique. Le PS Suisse exige que l’on mette enfin un terme aux coupes budgétaires faites aux dépens de la population et des générations futures.
« Il n’est pas surprenant que le Département fédéral des finances sous-estime les recettes. Mais le fait que cette erreur d’estimation s’élève désormais à près de 2 milliards, et ce, après les coupes brutales de l’année dernière dans la formation, la protection du climat ou la coopération internationale frôle la négligence », critique le conseiller national socialiste Loïc Dobler (JU). Une chose est claire : cette démarche est motivée par des considérations idéologiques. « En sous-estimant systématiquement les recettes, le Conseil fédéral cherche à justifier les coupes dans les dépenses publiques, et de nouveaux privilèges pour les plus riches et les grandes entreprises. Et au final, c’est la population et les générations futures qui trinquent. C’est irresponsable. »
Dans le même temps, le ministre de la Défense Martin Pfister a annoncé un crédit supplémentaire de 970 millions de francs destiné à financer des acomptes dans le cadre d’acquisitions d’armement. « Il est étrange que la situation tendue sur les marchés de l’armement, connue depuis longtemps, ne serve que maintenant de justification à un crédit supplémentaire. Demander des moyens supplémentaires en plein milieu de la procédure parlementaire et sur la base de recettes fiscales provenant de l’impôt sur les bénéfices plus élevées que prévu, sans que les commissions compétentes aient pu en débattre de manière approfondie, est discutable sur le plan démocratique. Le Conseil fédéral doit expliquer dans quelle mesure cela permettra réellement d’accélérer les acquisitions », ajoute Loïc Dobler.
Au vu de la situation financière de la Confédération, le PS Suisse exige que les coupes budgétaires décidées dans le cadre du programme de démantèlement 27 et lors des délibérations parlementaires de ces dernières années soient annulées. « Plutôt que de serrer les cordons chaque année pour finalement finir sur un résultat positif, il faut aujourd’hui investir dans l’avenir », déclare la conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle (GE). « L’été caniculaire que nous traversons montre que nous avons urgemment besoin de moyens pour lutter contre le réchauffement climatique et protéger la santé. Il faut également revenir sur les mesures d’économies visant la formation, le personnel fédéral, ou encore les coupes dans la coopération internationale : faire des économies sur le dos de l’avenir pour ensuite présenter de tels excédents est tout simplement cynique. »




