Le Conseil national a suivi aujourd’hui l’avis de sa Commission de l’économie et des redevances et a augmenté le Fonds de roulement pour la construction de logements d’utilité publique, tout en approuvant sa prolongation jusqu’en 2034. Pour le PS Suisse, il s’agit là d’un pas dans la bonne direction, mais qui reste largement insuffisant. Compte tenu des loyers beaucoup trop élevés et de l’acquisition rapide de biens immobiliers par de grandes sociétés immobilières, le Parlement et le Conseil fédéral doivent faire beaucoup plus pour renforcer le pouvoir d’achat de la population sur le long terme.
« La situation est connue depuis longtemps des milieux politiques : de plus en plus de biens immobiliers appartiennent à des sociétés immobilières cotées en bourse, à des fonds bancaires et à des investisseurs. Ils fonctionnent selon une logique de valorisation du capital avec des rendements maximaux, évincent les propriétaires privés et les coopératives d’habitation d’utilité publique et font ainsi grimper les prix des terrains et des loyers », déclare Samuel Bendahan, conseiller national et co-président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales. « Une mesure importante pour contrer cette évolution serait l’encouragement de maîtres d’ouvrage d’utilité publique, comme l’exige l’article 108 de notre Constitution. Ainsi, ce seraient à nouveau des personnes qui construisent pour des personnes, et non le capital pour des rendements maximaux. »
Le fait que le Conseil national ait accepté aujourd’hui de prolonger le Fonds de roulement jusqu’en 2034 et de l’augmenter de 150 millions de francs est certes positif. Mais ce montant suffit seulement à permettre aux coopératives d’habitation de conserver leur part de marché, et non à élargir leur parc immobilier. La décision reste donc bien en deçà de ce qui serait nécessaire. « C’est inacceptable, d’autant plus que la Confédération tire des revenus de ces prêts et qu’il n’y a jamais eu de défaut de paiement », déclare le conseiller national socialiste Emmanuel Amoos (VS). « La demande de prêts a considérablement augmenté, une augmentation plus importante aurait donc été nécessaire. Le manque d’efforts du conseiller fédéral Guy Parmelin en la matière est décevant. »
« Les bourgeois bloquent systématiquement l’expansion de la construction de logements d’utilité publique, et ce, bien que cette forme de propriété soit une excellente solution pour l’avenir, qui permet de réduire considérablement les coûts du logement et de renforcer nettement le pouvoir d’achat de la population », poursuit Emmanuel Amoos (VS). « Ce qui a été décidé aujourd’hui est réjouissant, mais encore amplement insuffisant. »




