Malgré une procédure de consultation pour le moins critique, le Conseil fédéral persiste et signe dans sa volonté d’augmenter la TVA pour financer l’armée. Pour le PS Suisse, même une augmentation de 0,5 point de pourcentage sur 12 ans pour un réarmement supplémentaire est une erreur. L’armée doit se concentrer sur les menaces réelles et mettre fin à ses projets d’acquisitions malavisés, dont les coûts ne cessent de s’emballer.
Le Conseil fédéral a confirmé aujourd’hui son intention de financer un réarmement supplémentaire par une hausse de la TVA de 0,5 point de pourcentage sur 12 ans. « Les réponses à la procédure de consultation étaient pour le moins critiques. Pourtant, le Conseil fédéral persiste et signe. C’est irresponsable », déclare le conseiller national socialiste Benoît Gaillard (VD). « C’est irresponsable : le Conseil fédéral sait parfaitement que ce projet ne sera pas adopté tel quel par le Parlement. Il se contente ainsi de rejeter sur le Parlement l’entière responsabilité de trouver une solution de financement susceptible de rallier une majorité. Nous rejetons aussi bien l’augmentation de la TVA proposée par le Conseil fédéral qu’un financement par des coupes budgétaires forfaitaires. »
Hier, la Commission de la politique de sécurité du Conseil national a en outre accepté d’augmenter de 500 millions de francs le budget de l’armée consacré à l’armement. Elle souhaite également accorder 400 millions supplémentaires pour le F-35. Pour le PS Suisse, ces décisions sont irresponsables et déconnectées de la réalité. La politique de sécurité doit se concentrer sur les menaces actuelles : cyberattaques, désinformation, drones, missiles ou encore protection des infrastructures critiques, et non pas gaspiller des milliards supplémentaires.
Ces dernières semaines, divers médias ont révélé comment la Russie de Vladimir Poutine interférait dans la campagne de votation de septembre sur l’initiative pro-Poutine. Selon le Service de renseignement de la Confédération, la Russie a même intensifié ses activités d’influence et de désinformation. « C’est dans la lutte contre de telles ingérences que nous devons mettre des moyens, pas dans de luxueux bombardiers furtifs qui accumulent les fiascos », poursuit Benoît Gaillard. « Une alternative européenne doit également être trouvée au programme Patriot. Plutôt que de dépenser à tout-va en prévision de guerres d’un autre temps, les fonds ainsi libérés permettraient de renforcer réellement la sécurité de la population. »



