Dans le cadre de l’accord de libre-échange avec la Malaisie, la majorité bourgeoise de la Commission de politique extérieure du Conseil national (CPE-N) a rejeté aujourd’hui une proposition du PS visant à interdire l’importation de produits issus du travail forcé, et ce, malgré l’existence avérée d’une forme moderne d’esclavage dans ce pays. Le PS critique cette décision et met en garde contre le fait qu’un tel refus de responsabilité sociale pourrait faire école dans d’autres accords, tels que celui avec le Mercosur.
« Il est inacceptable que, grâce à l’accord avec la Malaisie, des produits issus du travail forcé puissent entrer en Suisse sans contrôle et à des tarifs douaniers réduits », déclare la conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle (GE). « La Suisse ne doit pas favoriser davantage de telles violations des droits humains. » À cela s’ajoute le fait qu’environ 460 000 hectares de forêt tropicale se trouvent en ce moment dans des concessions malaisiennes d’huile de palme et sont gravement menacés. La Malaisie est déjà aujourd’hui le troisième fournisseur d’huile de palme de la Suisse — les allègements douaniers risquent d’aggraver encore cette pression sur la forêt tropicale.
Le PS s’inquiète de voir une dynamique similaire, caractérisée par l’absence de garanties en matière de droit du travail et de droits humains, se dessiner dans d’autres accords, notamment avec le Mercosur. « Le commerce ne doit pas se faire sans règles sociales et écologiques », poursuit Laurence Fehlmann Rielle. « Le règlement de l’Union européenne adopté fin 2024 interdit l’importation de produits issus du travail forcé et prévoit des sanctions — la Suisse a besoin d’une base juridique comparable. »
Le PS Suisse réclame donc une loi sur le commerce équitable qui inscrive des normes sociales et environnementales minimales contraignantes dans la politique économique extérieure et exclue du marché suisse les produits issus du travail forcé.



