Une fois encore, les nombreux liens d’intérêt de la majorité bourgeoise avec le lobby immobilier empêchent de renforcer le pouvoir d’achat des locataires : elle a rejeté aujourd’hui une motion du PS qui exigeait un contrôle périodique des loyers. Elle refuse ainsi d’appliquer enfin le droit du bail en vigueur — alors que les locataires paient chaque mois des centaines de francs de trop. Le PS appelle les partis bourgeois et le conseiller fédéral Guy Parmelin à enfin s’attaquer aux causes profondes des dysfonctionnements du marché locatif et à cesser de fermer les yeux sur les loyers abusifs qui grèvent le pouvoir d’achat de la population.
« La majorité bourgeoise a clairement montré aujourd’hui de quel côté elle se range : du côté du lobby immobilier, avec lequel elle entretient énormément de liens d’intérêts — et contre les locataires », déclare le conseiller national et co-président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales Samuel Bendahan. « En Suisse, les locataires paient en moyenne 370 francs de trop de loyer par mois. Par rapport à ce que la loi autorise, les loyers actuels s’avèrent trop élevés d’au moins 34 %. À l’échelle du pays, ce sont plus de 10 milliards de francs par an qui sont indûment soutirés aux locataires. » La motion du PS proposait d’y remédier en soumettant les loyers à un examen périodique automatique. La majorité bourgeoise et le conseiller fédéral en charge Guy Parmelin n’en ont pas voulu. « En rejetant toutes les mesures efficaces qui étaient sur la table aujourd’hui, l’UDC a démontré qu’elle n’en a rien à faire de la protection des locataires — peu importe les arguments qu’elle utilise pour de son initiative du chaos. »
Aujourd’hui, il est pourtant clairement établi que le marché du logement ne fonctionne pas comme un marché ordinaire. Même en 2020, alors que la Suisse comptait un nombre record de logements vacants, les loyers ont continué d’augmenter — alors qu’ils auraient dû baisser en raison des taux d’intérêt historiquement bas. « Notre droit du bail est bien conçu — mais il n’est tout simplement pas appliqué. C’est non seulement un affront fait à la population, mais cela nuit aussi aux commerces et à l’ensemble de l’économie, puisque cet argent, qui représente 1,3 % de notre PIB, est soustrait à la consommation et à l’épargne », souligne Samuel Bendahan.
Le PS continuera à se battre pour que le droit du bail soit enfin respecté et pour que les locataires soient mieux protégé-es contre les loyers abusifs.



