Depuis des décennies, les capitaux étrangers affluent sur le marché immobilier suisse, faisant grimper les prix des terrains et de l’immobilier. Par conséquent, les loyers et les prix de l’accession à la propriété grimpent aussi. Aujourd’hui, la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national (CER-N) tire la sonnette d’alarme et adopte une motion visant à ce que le Conseil fédéral revienne sur les assouplissements de la Lex Koller intervenus au cours des dernières décennies. Pour le PS Suisse, cette décision est attendue depuis longtemps — il appartient désormais au Parlement de la confirmer.
« Nous devons mettre un terme au bradage de nos logements », déclare le conseiller national socialiste Emmanuel Amoos (VS). « Nos maisons et nos appartements doivent rester abordables pour les personnes qui vivent ici et paient leurs impôts ici. Au lieu de cela, le capital mondial s’empare de nos biens immobiliers — et les locataires financent, par leur loyer, les profits des groupes financiers étrangers. »
Ce n’est pas l’individu qui est au centre de cette question, mais la société de capitaux : aujourd’hui, les capitaux étrangers pénètrent le marché immobilier suisse principalement par le biais de sociétés immobilières et de fonds. De plus en plus de logements locatifs appartiennent à des investisseurs institutionnels plutôt qu’à des particuliers. C’est précisément là qu’intervient la motion : elle couvre l’ensemble du marché, du logement individuel à l’immeuble collectif en passant par les biens commerciaux, et limite ainsi les capitaux étrangers.
« Il est grand temps de revenir sur les assouplissements de la Lex Koller qui ont fait grimper les prix », poursuit Emmanuel Amoos. « Les logements sont faits pour être habités — et non pour servir d’objets de rendement au capital. » L’orientation retenue est donc la même que celle du conseiller fédéral Beat Jans, qui souhaite renforcer la Lex Koller afin de lutter contre la pénurie de logements. Au sein des deux Chambres, le PS s’engagera pour que ces projets ne se limitent pas à de simples déclarations d’intention.



