Aujourd’hui, le Conseil national commence à débattre de l’« initiative sur la neutralité », émanant de cercles proches de l’UDC. Le PS Suisse rejette clairement cette initiative, qui interdirait à la Suisse d’imposer des sanctions à des États agresseurs, et s’oppose également à un contre-projet direct qui donnerait un élan inutile à ce texte.
« Traiter l’agresseur et la victime de la même manière n’est pas neutre. C’est prendre le parti du plus fort », déclare la conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle (GE). « Cette initiative anti-sanctions nous placerait de facto dans le camp du président russe Poutine et nous positionnerait en même temps contre notre partenaire le plus important, l’UE. Cela n’a rien à voir avec une véritable neutralité. Cela signifie plutôt se soustraire à ses responsabilités et fermer délibérément les yeux. »
L’initiative pro-Poutine interdirait à la Suisse d’adopter les sanctions de l’UE, par exemple contre les États agresseurs. Elle remplacerait ainsi notre politique de neutralité flexible, qui a fait ses preuves, par un dogme rigide. Une telle renonciation aux sanctions reviendrait à prendre parti en faveur de l’agresseur et isolerait également la Suisse sur le plan économique, car nos principaux partenaires commerciaux pourraient alors prendre des contre-mesures.
Le PS rejette également le contre-projet direct proposé par le Conseil des États. « Un contre-projet suggère que l’initiative soulève des questions au moins partiellement justifiées, ce qui est faux », poursuit Laurence Fehlmann Rielle. « La situation juridique actuelle fonctionne. La Suisse n’a pas besoin d’une nouvelle disposition constitutionnelle pour rendre sa neutralité crédible. »
Le PS attend du Conseil national qu’il rejette clairement l’initiative et le contre-projet, comme le recommande le Conseil fédéral et comme l’a déjà fait la Commission de politique extérieure du Conseil national (CPE-N).