Le Conseil national a approuvé aujourd’hui l’accord de libre-échange conclu entre les États de l’AELE et la Malaisie, sans garanties contraignantes contre le travail forcé et la déforestation. Le PS Suisse critique vivement cette décision : la Suisse accorde des allègements douaniers à des produits issus de l’esclavage moderne et au détriment de la forêt tropicale. Le Parti demande une loi sur le commerce équitable prévoyant des normes minimales contraignantes en matière de droits humains et d’environnement.
« Il est inacceptable que des produits issus du travail forcé puissent entrer en Suisse sans contrôle et à des tarifs douaniers réduits », déclare la conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle (GE). « La Suisse ne doit pas favoriser davantage de telles violations des droits humains. » De nombreux cas de travail forcé et de travail des enfants ont en outre été documentés dans les plantations de palmiers à huile en Malaisie. Une motion du PS demandant l’adoption de la directive européenne sur le travail forcé avait déjà été rejetée en Commission par la majorité de la droite bourgeoise.
La dimension écologique est également problématique : environ 460 000 hectares de forêt tropicale humide se trouvent dans des concessions malaisiennes d’huile de palme et sont gravement menacés. La baisse des droits de douane sur l’huile de palme — l’un des principaux facteurs de la crise climatique — crée de nouvelles incitations à la déforestation. Les grands groupes pharmaceutiques et agroalimentaires sont quant à eux les principaux bénéficiaires de cet accord.
Pour le PS, une chose est claire : le libre-échange peut contribuer à davantage de prospérité et de justice mondiale, à condition qu’il profite à toutes et tous. « Pour qu’un accord ait un impact positif tant en Suisse que dans les pays partenaires, les droits humains, les normes de travail et la protection de l’environnement doivent y être inscrits de manière contraignante », poursuit Laurence Fehlmann Rielle. Le PS demande donc une loi sur le commerce équitable qui consacre ces principes dans la politique économique extérieure et exclut du marché suisse les produits issus du travail forcé.