Le Conseil national s’est prononcé aujourd’hui en faveur de la levée de l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires. La majorité de droite piétine ainsi la volonté de la population, qui s’est clairement exprimée dans les urnes pour la sortie du nucléaire. Le PS Suisse critique vivement cet affront à la démocratie.
« En 2017, la population a dit oui à la Stratégie énergétique 2050. En 2023, elle a soutenu à près de 60 % la loi sur le climat et l’innovation. En 2024, la loi sur l’électricité a été adoptée à une large majorité. Sa volonté est on ne peut plus claire : non au nucléaire, oui au renouvelable », déclare la conseillère nationale socialiste Martine Docourt (NE). Pourtant, 40 ans après Tchernobyl et 15 ans après Fukushima, le conseiller fédéral UDC Albert Rösti souhaite pouvoir construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse avec son contre-projet à l’initiative « Stop au Blackout ». Le Conseil national l’a suivi aujourd’hui.
« Pour le PS Suisse, remettre le nucléaire sur la table est non seulement antidémocratique, mais également un non-sens total en matière de politique énergétique et financière », poursuit Martine Docourt. « De nouvelles centrales nucléaires seraient un gouffre financier : elles nécessitent des investissements publics colossaux, et tous les projets de construction récents en Europe ont vu leurs coûts exploser. » De plus, les nouvelles centrales ne pourraient être raccordées au réseau qu’en 2050 au plus tôt. D’ici là, chaque franc investi dans le nucléaire manquera pour le développement urgent des énergies renouvelables et le renforcement de notre indépendance énergétique.
« Au lieu de gaspiller des milliards dans une technologie dangereuse et dépassée, il faut désormais investir résolument dans un approvisionnement énergétique durable, renouvelable et indépendant », conclut Martine Docourt. Sans surprise, ce sont précisément celles et ceux qui, ces dernières années, ont freiné et bloqué politiquement tout développement accéléré de l’énergie solaire et éolienne qui misent aujourd’hui sur une technologie dangereuse et obsolète.
Le PS Suisse critique vivement la décision prise aujourd’hui et proposera à ses instances de lancer un référendum en collaboration avec la large coalition « Non aux nouvelles centrales nucléaires ».
