Le Conseil fédéral manipule la démocratie directe : en espaçant dans le temps les votations populaires sur l’initiative pro-Poutine et sur la loi sur l’exportation de matériel de guerre, il entend améliorer les chances de cette dernière. Le PS critique vivement cette décision.
« La stratégie est évidente : la majorité de droite au Conseil fédéral tente d’influencer le résultat du vote en ne soumettant pas la loi sur l’exportation de matériel de guerre au vote en septembre, en même temps que l’initiative pro-Poutine de l’UDC. Cela soulève inévitablement la question du rôle joué par la Chancellerie fédérale », déclare le co-président du Groupe socialiste aux Chambres fédérales Samuel Bendahan. « Ce n’est pas un hasard, mais un calcul : on veut éviter que le débat sur la conformité avec la neutralité suisse des livraisons d’armes à des États belligérants ne prenne de l’ampleur lors de la votation. »
La majorité de droite au Conseil fédéral a décidé aujourd’hui d’échelonner dans le temps les votations sur l’initiative pro-Poutine de l’UDC et sur le référendum contre la loi sur l’exportation de matériel de guerre. Le PS Suisse critique vivement cette décision.
« Le Conseil fédéral est manifestement conscient que les partisans de l’initiative de l’UDC, en particulier, se retrouveraient dans une situation délicate : d’un côté, ils voudraient, avec leur initiative sur la neutralité, interdire les sanctions contre le régime de Poutine ; de l’autre, ils soutiennent, avec la loi sur l’exportation de matériel de guerre, un projet qui exclut les exportations d’armes vers l’Ukraine, alors que les livraisons à des États belligérants, comme les États-Unis ou Israël, redeviennent elles possibles », déclare le co-président du PS Suisse Cédric Wermuth. « L’UDC a délibérément conçu la loi sur l’exportation de matériel de guerre afin d’empêcher toute solidarité avec l’Ukraine et de poursuivre sa politique pro-Poutine. Par cette tactique, la majorité de droite au Conseil fédéral s’aligne sur cette démarche pour en tirer profit. C’est un jeu dangereux avec notre démocratie directe. »

