Ignazio Cassis, ministre des Affaires étrangères du PLR, et Guy Parmelin, ministre de l’Économie de l’UDC, ont présenté aujourd’hui leurs projets de coupes sombres dans la coopération au développement. La Suisse devrait ainsi se retirer de ses engagements en Amérique latine et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Le PS Suisse critique vivement cette politique inhumaine ainsi que la vision court-termiste de la sécurité qui la sous-tend, et combattra de toutes ses forces ces coupes budgétaires au Parlement.
« Alors que la majorité bourgeoise du Parlement a déjà massivement réduit la coopération au développement dans le cadre du budget et du paquet de démantèlement, celle du Conseil fédéral entend désormais réduire encore considérablement la coopération internationale. C’est honteux », déclare le co-président du PS Suisse Cédric Wermuth. « La Suisse doit enfin atteindre l’objectif convenu au niveau international de 0,7 % du revenu national brut consacré à la coopération au développement. C’est la seule façon d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2030, tels que la lutte contre la pauvreté et la faim. Le Conseil fédéral va exactement dans la direction opposée et monte les personnes en détresse les unes contre les autres en transférant des fonds de la coopération au développement à long terme vers l’aide d’urgence. »
La majorité bourgeoise au sein du Conseil fédéral souhaite économiser environ 100 millions de francs sur la coopération au développement à partir de 2029. La Suisse devra ainsi mettre définitivement fin à son engagement en Colombie, au Pérou, au Venezuela, en Afrique du Sud, au Ghana et en Azerbaïdjan. Le Conseil fédéral annonce ces coupes sombres le jour même où il déclare qu’aucun nouveau train de mesures d’austérité n’est nécessaire. La réduction envisagée est donc inutile au vu de la situation financière de la Confédération. En outre, un sondage représentatif montre qu’une majorité de la population est favorable à un renforcement de la coopération au développement. « Dans un élan idéologique de démantèlement, l’UDC et le PLR au Conseil fédéral procèdent à une coupe sombre aux dépens des plus pauvres de ce monde, et ce, précisément en période de crises mondiales multiples et d’instabilité croissante dans les pays du Sud », déclare la conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann Rielle (GE). « Cette décision est irresponsable et met en danger notre sécurité à nous toutes et tous. Nous nous opposerons de toutes nos forces à ces coupes budgétaires dévastatrices. »

